Libérons notre espace olfactif
Par Laurent le mercredi 19 septembre 2007, 17:25 - Personnel et confidentiel - Lien permanent
Je n’en ai jamais parlé ici, mais j’ai l’odorat hyper développé. Quand on a un tarin comme le mien, autant que ça serve à quelque chose, notez bien. Je suis capable de repérer quand un voisin de palier mastique un chewing-gum à la fraise ou quand une collègue utilise une marque de savon de Marseille à l’huile de bambou un peu cheap. Je connais d’ailleurs des chiens qui complexent à mort quand j’entre dans une pièce. Gamin, je reniflais systématiquement le contenu de ma gamelle avant de le goûter, ça me permettait de savoir si on essayait de m’entuber en dissimulant des médicaments dans ma pâtée. C’est bien simple, si j’avais été Breton, on m’aurait appelé Marcel Pagnol (cherchez pas ou vous allez le regretter).
Mais à part avoir l’odorat particulièrement développé et le nez éminemment sensible (et vice-versa), mon organe olfactif (mais pas factice) possède également une autre singularité : Je ne sens pas les mêmes odeurs que vous et moi. Enfin que vous tout seuls plutôt.
Je me suis rendu compte de ça à l’adolescence. C’était dans les années 80, nous marchions élégamment avec des amis en devisant gaiement. Nous étions jeunes, beaux et insouciants. La conversation dérivait paresseusement sur l’opportunité de repenser les équations de Navier-Stokes et, plus particulièrement, leur portée appliquée aux fluides non newtoniens dans l’hypothèse d’un écoulement électro-fluidodynamique (à couille molle) à la lumière des avancées récentes de la théorie des cordes à linge, quand nos pas nous amenèrent à croiser une boulangerie dont se dégageait une odeur épouvantable, qui évoquait furieusement l’extrait d’excrément putréfié de mammouth auquel on aurait ajouté un zeste de fiente de ptérodactyle et qu’on aurait saupoudré d’une quantité non négligeable de régurgitation de yéti malade du foie (et peut être également une goutte d’essence d’étron de hamster, mais n’en étant pas absolument certain, je préfère ne pas m’avancer).
Je n’avais aucun doute, déjà à l’époque, sur le peu de discernement manifesté par les gens qui m’avaient choisi comme ami, mais le fait qu’ils trouvent [1] cette odeur appétissante m’avait quand même mis la puce à l’oreille quand à la fiabilité de mon nez. Je ne sais pas si cela se fait toujours mais, dans le temps, certains dépôts qui ne fabriquaient pas leur pain utilisaient des diffuseurs pour propager une senteur de croissant chaud et c’est effectivement cet arôme que mes compagnons percevaient. Alors pourquoi humais-je, quant à moi, cette exhalaison fétide ? Je ne sais ! Peut-être les éléments chimiques entrant dans la composition d’un parfum en altèrent-ils, chez moi, la fragrance.
Toujours est-il que quoi qu’il en soit, j’ai beaucoup de mal à supporter le parfum, fût-il de marque, dont le beau sexe est si friand. C’est d’ailleurs étonnant quand on pense que je possède, moi-même, un sexe particulièrement beau et raçé, mais ne nous laissons pas distraire par de concupiscentes digressions et poursuivons notre oeuvre d’édification des masses. Je dispose, disais-je donc si je me souviens bien, d’une tolérance plutôt limitée au parfum. Ce n’est pas tant que je trouve ses effluves nauséabonds, mais il me pique la gorge. Je préfère de loin respirer le parfum naturel des corps, y-compris la senteur doucement âcre de la sueur plutôt que d’être agressé par des émanations artificielles. Et puis pour quelle raison les femmes devraient-elles sentir la fleur ou pire, la framboise ou la vanille ? Ces arômes entêtants ont tôt fait de m’écoeurer.
Loin de moi cependant l’idée de contester à chacune et chacun, la liberté de s’entourer des effluves de son choix, mais la plus élémentaire des politesses voudrait que cela reste affaire de choix personnel et que nul ne se voit imposé de baigner dans des vapeurs qui l’indispose. À la rigueur, je conçois le parfum comme quelque chose d’intime que l’on ne devrait percevoir chez autrui que lorsqu’on l’approche assez près pour que le contact soit qualifié d’intime justement. Mais la conception qu’en ont de nombreuses femmes qui souhaitent qu’on sache qu’elles sont venues bien après leur passage m’horripile. Après tout, en ces temps de précoccupations environnementales il serait logique de faire la chasse à la cocotte comme on la fait aux fumeurs. On est prié de laisser l’espace olfactif dans l’état où on l’a trouvé.
Notes
[1] dans ma grande mansuétude, je vous épargne le plus-que-parfait du subjonctif.
Commentaires
Je ne le regrette pas : Marcel Pagnol,l tu es super mignon!!!!
www.education-canine.com/...
assez d'accord avec toi : vraiment ces lourdeurs de vanille ou pire de fraise tagada (orthographe???) ça me soulève les tripes!
Mais un bon parfum de qualité et à dose modérée c-à-d, nécessitant une approche relativement rapprochée...cela peut être classieux, non?
Le pire cependant : parfum sur crasse!
Calin au toutou
Arthi
Ouais, moi aussi je l’aimais le parfum de la femme sans parfum. La peau, naturelle, la sueur, nos sueurs, les gouttes qui fusionnent. Aujourd’hui, je ne sens plus que la terre, et son goût dans ma bouche.
Alex, la terre par chez moi a bon goût...celui du soleil.
L'anecdote sur les boulangeries est bien menée... Très drôle...
Cela me paraît la moindre des choses que de ne pas obliger tout le monde à subir un horrible parfum camphfré ou encore une eau de cologne des familles (de celles qui parfument déjà toute la pièce pendant 3 jours quand on ose ouvrir la bouteille). Bonjour le mal de crâne!!! (Si si...)
Les goûts et les odeurs ne se discutent pas, mais on oblige pas tout le monde à gouter son casse-croute, pourquoi le faire avec son parfum?
Personnellement je ne met quasiment jamais de parfum ou suffisamment peu pour éviter de le partager avec tout le monde. Et encore j'affectionne les parfums légers, ceux qu'on décèle quand on y fait attention.
Après tout, c'est mon parfum d'abord, je ne suis pas "généreuse" au point de le faire sentir à tout le monde. Z'ont qu'à s'en acheter les autres d'abord!!! Et puis ces nanas qui font l'aumône offaltive à tous les pauvres qui ne sont pas parfumés eux-même, franchement c'est de la pingrerie plus qu'autre chose : Elles pourraient me donner 100 balles plutôt quoi... Pfff...
ça a été un peu long, mais c'est parce que j'attendais la rentrée littéraire :-) (je l'ai pas déjà faite celle là ?)
Arthé : Je reconnais que sur cette photo, je suis à mon avantage.
Alex : Je connais l'expression « faire l'amour à la terre » mais faut pas la prendre au sens littéral, tu vas chopper des maladies.
Kha : l'anecdote sur la boulangerie est vraie !!! Bon sauf que je sais foutrement rien des équations Navier-Stokes.
Tiens donc... Moi qui voulait te demander de me les expliquer, tu me déçois grandement!
Ah, mais c'est pas un problème ça. C'est pas parce que j'y entrave rien que je peux pas te les expliquer.
Entre deux personnes qui n'y entravent rien, l'explication risque d'être dantesque. :-P
Bah ! En physique, le phénomène est courant. Y'a pleins depublications que personne ne comprend, pas même l'auteur.
If you want do delete your site from our spam bases - just email us with domain of your site:
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thank you!
Ahahaha !!!
Celui là je le laisse parce qu'il est drôle. De grands naïfs ces russes !
Je suis vraiment touché par une telle bonté de la part du trop discret Unknown qui me propose de retirer mon site de sa base de données de spam sur simple demande. Il ne sera pas dit qu'une telle générosité restera dans l'ombre et ne bénéficiera pas de ma profonde reconnaissance. Je me propose de le faire accéder à la gloire instantanée (et relative) en divulguant ici ses coordonnées.
NetBridge Limited
phone: +7 495 7256357
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e-mail: domain@corp.mail.ru
e-mail: gabrelyan@corp.mail.ru
J'espère qu'aucune personne mal-intentionnée passant par là n'en profitera pour saturer cette dernière adresse e-mail grâce à un des nombreux logiciels de mail-bombing disponibles dans les milieux interlopes de l'internet et que l'on trouve aisément sous Google. Non, ce serait vraiment injuste, je déconseille à quiconque de le faire.
Toujours trés plaisant à lire, Laurent .. N'étant pas venue depuis fort longtemps je pensais trouver des dizaines d'écrans, ben non, je ne suis en retard que d'un seul billet qui me rappelle une anecdote de l'heureux temps où l'on fumait à bord des avions . Aprés un déjeuner copieux en classe affaire(s) un passager a allumé un gros Havane que mon amie assise à son côté s'est empressée de lui demander d' éteindre . Il s'est gentiment exécuté en lui disant " vous ai-je fait remarquer, Madame, que votre parfum m'incommodait ??? " .
J'espère que vous êtes en forme, Laurent, et qu'en août vous êtiez en vacances plutôt qu'en panne d'inspiration . @ +
Ah tiens, Poup ! ça fait bien plaisir.
Un grand bravo à ce passager qui a eu l'élégance d'éteindre son havane pour ne pas l'imposer à sa voisine mais qui a tout de même eu les « nerfs » de lui dire son fait.
ps : Et moi qui pensais que personne n'avait remarqué pour le mois d'août :-)