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Idées noires

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dimanche 11 juin 2006

Le noeud

alone.jpgC’est une histoire simple et c’est une histoire courte.

C’est l’histoire d’un noeud si fortement serré depuis si longtemps qu’on en arrive à oublier jusqu’à son existence. Quelquefois, quand le temps s’y prête, sous l’impulsion mystérieuse d’une grâce nouvelle, le noeud se relâche soudainement. Alors, l’univers entier se pare de couleurs inédites, les jours prennent un attrait renouvelé. On se surprend à y croire. On s’imagine tel un plongeur en apnée quittant la noirceur des eaux profondes pour s’élever vers la surface. Mais le noeud n’est pas si bête, il ne se laisse pas défaire aisément, et vous réalisez que s’il vous a accordé du mou, c’est pour vous étrangler plus sûrement dans ses circonvolutions, quand il en vient à resserrer brusquement son étreinte.

jeudi 11 mai 2006

Cauchemar

cauchemar.jpgIl y a cet acteur américain dont tout le monde connaît le visage mais ignore le nom. Le genre à avoir joué dans Columbo. Mais ce n’est pas vraiment lui, c’est plutôt une représentation graphique de son visage. Un dessin au trait, un peu dans le style de cette illustration du Che Guevara qu’on a tous vu. L’acteur américain murmure sur un ton monotone un interminable monologue dont j’ai oublié la teneur même s’il me semble que c’était assez important. Parallèlement à son discours, des visages apparaissent, toujours en noir et blancs.

Certains sont esquissés, toujours dans ce même style épuré, mais d’autres sont des visages réels, souvent surexposés, comme ce que l’on peut voir dans les vieux films de l’époque du muet. Tous ces visages sont fermés et inexpressifs. Ils se succèdent à un rythme régulier alors que la litanie continue. Certains sont des visages familiers, d’autres non. Certains, je les reconnais, d’autres me sont étrangers. Leur seul point commun, je finirai par le comprendre, c’est que toutes ces personnes sont mortes. Aucun de ces visages n’appartient à quelqu’un de vivant aujourd’hui. Je ne sais pourquoi, j’appréhende de voir mon visage parmi les autres pendant que l’acteur américain poursuit son oraison, encore et encore. Un sentiment confus de malaise s’empare de moi, sentiment qui va sans cesse grandissant car à mesure que les visages défilent, silencieux, presque sentencieux, je ressens avec la force de la certitude que derrière ces images, se profile quelque chose de terriblement maléfique.

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