Pour introduire le bit, contentons-nous de mentionner qu’il s’agit de l’unité d’information basique. C’est une entité qui peut prendre deux états : ouvert/fermé, allumé/éteint, etc. Bit est, en anglais, la contraction de « Binary Digit » que l’on pourrait traduire approximativement par doigt binaire si l’on était de mauvaise foi. Aujourd’hui, les bits sont partout, vous en trouverez tout autour de vous mais, la plupart du temps, cachés. Dans la quasi-totalité des dispositifs qui font appel à l’informatique, les bits sont excités électriquement mais, bien entendu, rien n’interdit d’imaginer un système basé sur des bits naturels.

Alors, à quoi servent les bits ? Et bien à pas grand-chose. Lorsqu’il est seul, le bit ne peut prendre que deux valeurs : 0 ou 1. Pour que les bits soient utiles, il faut les regrouper dans des sortes de garages à bits. En effet, autant le bit isolé n’est pas très excitant, autant les groupes de bits permettent de faire des choses incroyables. Par convention, on a coutume d’agréger les bits par groupes de 8. Chez nos amis anglais, le groupe de 8 bits s’appelle un Byte, en France, on appelle ça un octet, ou encore un gang-bang d’après un documentaire que j’ai pu voir récemment et qui semblait traiter le sujet sous un angle résolument original. Petite précision technique, au sein d’un agrégat de bits quelconque, le plus à droite est appelé bit de poids faible et le plus à gauche, bit de poids fort.

Mais délaissons un instant la théorie et observons de plus près ce que les bits peuvent faire pour vous et comment ces bits fonctionnent. A l’aide d’un exemple pratique, nous allons apprendre à compter avec des bits et vous pourrez constater qu’en la matière les bits sont beaucoup plus puissants que les doigts. Ainsi, si vous comptez sur vos doigts, dans le système décimal, vous ne pouvez compter que jusqu’à 10 sauf cas exceptionnel qu’on ne trouve guère qu’aux alentours de Tchernobyl. Maintenant, considérez que vos doigts sont des bits, vous disposez donc de dix bits. Que faire de ces dix bits ? Et bien toute l’ingéniosité des bits repose sur le fait que chaque bit a pour effet de doubler la capacité totale des autres bits.

Considérons maintenant l’illustration suivante :

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Comme vous le voyez, chaque doigt a été numéroté de sorte que sa valeur soit le double du doigt précédent. En se basant sur cette image, on peut considérer que le poing fermé représente la valeur 0, le pouce dressé seul vaut 1, l’index seul vaut 2, le majeur brandi seul vaut 4, etc. Il suffit maintenant d’additionner les bits pour obtenir les valeurs intermédiaires. Ainsi, pour représenter le chiffre 3 il suffit de lever à la fois le pouce (1) et l’index (2), pour obtenir 5 il faut additionner les valeurs du majeur (4) et du pouce (1) et ainsi de suite.

Avec la main complètement ouverte, il est possible de compter jusqu’à 31 (16+8+4+2+1). Avec mes deux mains ouvertes, j’arrive déjà à 1 023 (les doigts de la seconde main étant estampillés 32, 64, 128, 256 et 512). Pour voir ce système de comptage à l’oeuvre, rendez-vous ici (je vous recommande la chiffre 4).

Dès lors, si j’ajoute mes doigts de pieds je parviens à un total de 1 048 575 et même, si j’utilise ma bite, qui possède elle-même deux états, j’obtiens le nombre 2 097 151. Cela dit ce cinquième membre n’étant pas universellement partagé par la population, mieux vaut le laisser en dehors du comptage et lui affecter une simple fonction de contrôle. Ce type de bit de contrôle s’appelle alors bit de parité. Ils servent, notamment, à vérifier la taille des paquets lors d’un échange de bits à distance, appelé également téléchargement de bits.

Voilà, c’est tout. J’espère que cette petite leçon aura levé, pour vous, un coin du voile informatique. La semaine prochaine, nous aborderons le sujet des barrettes 128 pins et des contrôleurs RAID.