Non parce que c’est vrai, il ne s’agit pas de s’endormir, mais au contraire d’éveiller la vivacité du lecteur, régulier ou occasionnel, au moyen d’une saine stimulation intellectuelle qui lui laissera le sentiment de n’avoir pas perdu son temps en venant s’égarer en ce haut lieu de la culture, que le monde entier m’envie. Et pour ce faire, interdisons-nous toute facilité. N’ayons point recours à l’excuse plus ou moins vaseuse, au prétexte fallacieux, à l’atermoiement à répétition, au sursis sursoyant, à l’ajournement répété, à la prorogation redondante, à la temporisation réitérée et à l’ajournement différé, non ! Fini tout ça ! Place au contenu pertinent, au propos réfléchi, à la devise judicieuse, à la maxime avisée et au discours rationnel, seul à même de faire éclore le fragile et délicat faisceau de la vérité bien-fondée, ainsi extraite de la fange poisseuse nimbant le bourbier de l’extrême confusion syntagmatique au moyen du sabre impartial de l’exactitude rigoureuse. Je le dis tout net : halte au non-sens, à la digression abusive, à la parenthèse inadéquate, bref, à la périssologie (c’est pas le genre de la maison, ça, la périssologie).

Le temps n’est plus à la sieste crapuleuse de la tautologie mais, bien au contraire, à la concision du raisonnement et à la sobriété de l’argument. Vous ne trouverez pas ici d’arguties sans fin ni de subtilités quadriscindables. Fi des chicanes frauduleuses. La peste soit des ergotages indus. Bannissons ratiocinations infondées et byzantinismes précieux.

Qu’on se le dise, ici, on cause utile !