On me lave les cheveux puis on me demande de prendre place dans un autre fauteuil situé face aux miroirs indispensables à la profession. À ce moment, assuré de la bonne conduite des opérations, je desserre enfin, à regret, mon étreinte sur le cou du Yorkshire de la coiffeuse et je le relâche. C’est à ce moment qu’elle se rend compte que je lui ai fait des infidélités. En effet, cet été, j’ai voulu tester la résistance à la torture d’une coiffeuse méridionale fort avenante et je suis parvenu à la convaincre de me faire un petit rafraîchissement. Ne m’accablez pas, c’était la canicule, si vous vous souvenez bien. Du coup, j’ai eu droit à la soupe à la grimace pendant toute la session. Pas de gougouttes sous le nez, rien ! Ceinture !

Décidément, je ne comprends pas l’animosité des commerçants de mon quartier à mon encontre. Déjà, la semaine dernière, quand j’ai entrepris de suspendre le fils du charcutier à un crochet de boucher pour faire comprendre à ce brave négociant qu’il me fallait ABSOLUMENT un pied de porc vinaigrette et pas un pied de porc pané, il l’a très mal pris. Je dois dire que j’ai été considérablement déçu par son attitude et sa moue méprisante alors qu’il préparait ma vinaigrette pendant que je le surveillais du coin de l’oeil tout en filant quelques taquets à sa progéniture qui se débattait de manière inconvenante.

Il est quand même temps que les gens comprennent que nous vivons dans une société de services.