Voilà, c’est fait. On se sent tout de suite mieux après, hein ? En principe, celui qui vient d’être pardonné ressent une sorte de soulagement, lié au fait qu’il vient de se débarrasser du bagage qui l’encombrait pour peu qu’il ait un peu de conscience, et celui qui vient de pardonner ressent une certaine euphorie alimentée par le sentiment de sa propre mansuétude. En l’occurrence et dans la mesure où je suis ici le demandeur et le donneur, je me sens doublement mieux. Encore un avantage à mettre au crédit de l’auto-pardon.

Mais n’allez pas croire que s’excuser soi-même ne coûte rien. Au contraire, puisqu’à priori, on ne s’en veut pas, on n’a donc aucune raison de le faire. En d’autres termes, je le fais vraiment pour vous. On ne le dit pas assez mais le pardon auto-administré est un pur acte de dévouement. C’est de la générosité à l’état brut, rien d’autre. De l’humanisme ! Voilà ce que c’est.